CORSE-MATIN : L'abattoir de Bastelica se modernise



Les travaux qui ont débuté en mars 2011 viennent de s'achever. La rénovation entreprise coïncide avec une activité de plus en plus soutenue.

Nouvelle donne pour l'abattoir porcin de Bastelica. Après Porto-Vecchio, Cuttoli, le syndicat mixte de l'abattage en Corse (Smac) a maintenu le cap de la modernisation dans la vallée du Prunelli. La stratégie de progression, désormais effective, équivaut à une somme investie de 350 000 euros. Et les financeurs s'y sont mis à plusieurs. L'alliance économique scellée prend appui sur la Collectivité territoriale de Corse, sur l'État au titre du Plan exceptionnel d'investissement (PEI), sur le conseil général de la Corse-du-Sud et sur les membres du Smac. Les bonnes volontés réformatrices sont en grande partie calibrées sur l'évolution de la réglementation européenne.

Dans le monde de l'abattage, les normes en vigueur changent et se durcissent à un rythme soutenu. Il est indispensable de suivre le mouvement. « La loi nous oblige sans cesse à revoir nos procédures et nos installations, s'agissant du bien-être animal, des conditions de travail des salariés et de la sécurité sanitaire en général », résume Jean-Pierre Giansily, directeur du Smac.
CORSE-MATIN : L'abattoir de Bastelica se modernise

2500 éleveurs en moyenne

Le programme de rénovation intervient à un moment charnière. Du temps a passé depuis l'ouverture de la structure. Les équipements ont vieilli. Les années 2010 s'assimilent à la fin d'un cycle. « Le site a commencé à fonctionner en 1994. Il s'inscrivait dans une dynamique municipale. Depuis sa mise à disposition en 2004 par la commune, nous gérons cet abattoir public », précise le directeur du Smac. Le raisonnement des acteurs concernés inclut la nécessité de traiter des volumes supérieurs. Toussaint Gistucci, gérant de l'abattoir de Bastelica, a la conviction que « le recours à l'abattoir est entré dans les habitudes locales. » Bastelica, comme les autres centres d'abattage à travers l'île « offre une garantie de sérieux ». Les éleveurs jugent également la formule commode. « Au final, les porcs sont restitués à leurs propriétaires sous la forme de demi-carcasses, avec les abats rouges et blancs. Toutefois nous disposons d'un atelier où il est possible de procéder à la découpe plus fine. Dans tous les cas, nous ne réalisons pas de vente de carcasse. Nous nous en tenons à notre rôle de prestataires de service. »

L'intérêt pour la méthode est illustré par la hausse sensible du nombre de clients. « Au départ, je travaillais avec 800 éleveurs. Aujourd'hui ils sont 2 500 en moyenne chaque année à m'apporter leurs porcs », constate le gérant. Le rayon d'action de l'abattoir est vaste. Les éleveurs arrivent du Prunelli, du Taravo, de la région Ajaccienne et Sartenaise, de l'Ouest Corse et de l'extrême Sud. L'abattage clandestin régresse tandis que la structure bastelicaise renforce sa position. « Nous sommes dans une dynamique de croissance », reconnaît-on. Dorénavant celle-ci s'adosse au réaménagement de l'espace où les porcs vivent leurs derniers instants. « Nous avons installé un nouveau piège de contention destiné à l'anesthésie des animaux. Il comprend un couloir d'amenée et des brumisateurs. La pince à anesthésier les porcs a été changée », énumère Balthazar Federici, président du Smac. Les porcs, au terme d'une existence paisible passée sous les châtaigniers et dans des contrées verdoyantes, bénéficient à présent d'une dernière rasade d'eau. Ils mourront rassasiés de nourriture et aussi d'eau grâce « aux abreuvoirs disposés dans les parcs de stabulation ». Leur trépas est plus doux et la tâche des employés de l'abattoir moins risquée. Pour prévenir tout danger de chute, les partenaires ont substitué au carrelage une « nouvelle dalle béton assortie d'un sol industriel en résine, résistant aux chocs chimiques, thermiques et physiques », explique-t-on.
CORSE-MATIN : L'abattoir de Bastelica se modernise

Une seconde tranche d'investissements

Des outils neufs et haut de gamme donnent une impulsion décisive à l'essor de la structure. Dans la liste des acquisitions figurent, entre autres, « des chariots à crochets, une machine à affûter les couteaux, un équilibreur pour la scie de fente ». L'exigence de qualité du Smac et de ses partenaires a incité ceux-ci à penser à d'autres solutions techniques telles qu' « un écarteur pneumatique pour la fente des carcasses, un escabeau d'observation des carcasses, une scie circulaire de prédécoupe avec équilibreur, deux postes de nettoyeurs haute - pression. » Les équipements sont adaptés au cheptel à traiter. « Nous avons affaire à des porcs plus lourds et plus costauds que la moyenne. Le matériel conçu pour les abattoirs corses intègre ce critère », explique-t-on.

Une part importante de l'effort consenti par les financeurs s'est concentrée sur la problématique sanitaire. Ce qui a conduit à « réparer et changer l'ensemble des lavabos stérilisateurs, à équiper l'abattoir d'une armoire UV afin de procéder à la stérilisation des couteaux, d'un destructeur d'insectes à UV, d'un stérilisateur pour scie de fente ainsi que d'un lave-botte automatique à passage continue. » Le processus de rénovation enclenché est encore compatible avec la création d'un sas pour le quai de chargement des carcasses, avec la réfection des portes d'entrée de la structure, de conduites d'eau et de gaz. À ce stade, la capacité de production de Bastelica devrait aussi tirer profit de la remise aux normes s'agissant des installations réfrigérées telles que chambres froides et containers à déchets. Dans un scénario à venir, l'attention se fixera sur la « mise aux normes électrique de l'abattoir et sur la réfection de la station de retraitement des effluents. Ces travaux sont d'ores et déjà programmés pour un montant de 100 000 euros », assure Balthazar Federici.

La réflexion va dans le sens d'une sécurité sanitaire accrue. « Nous envisageons de mettre en place des contrôles de surface, des contrôles supplémentaires sur les carcasses », commente Jean-Pierre Giansily. Dans le même temps, le Smac insiste sur la traçabilité. L'orientation se concrétisera par la mise en place d'un système de ramassage individuel de sang « alors que pour l'heure ce liquide est recueilli par lot ». L'abattoir de Bastelica ne se détourne pas de son chemin : « nous continuerons à moderniser », conclut le Smac. Les initiatives sont analysées à travers le même prisme. « Nous raisonnons toujours à partir des mêmes questions, est-ce que les animaux sont en forme, est-ce que les salariés travaillent dans de bonnes conditions, est-ce que le produit rendu est bon?», détaillent les membres du Smac.
CORSE-MATIN : L'abattoir de Bastelica se modernise

Retrouver l'article sur la modernisation de l'abattoir de Bastelica en 2011 paru dans le quotidien CORSE-MATIN du 27 janvier 2012.

Le lien :

http://www.corsematin.com/article/bastelica-labattoir-se-modernise.572160.html